dimanche 21 Septembre 2014 : Grandas de Salime --) A Fonsagrada

tracé J7     Journée pour laquelle mon carnet de marche  témoigne de l' "envergure" des panoramas, du passage en GALICE et du plaisir de plusieurs moments de marche accompagnée.

 

 

      Pour la première fois depuis mon départ je suis réveillé dès 5 h par les préparatifs des premiers pèlerins pressés de prendre la route; tout cela a des "déplaisants relents" de Camino Frances et me suscite quelques instants de "morosité" avant que je ne revienne à une posture plus jacquaire de tolérance et lâcher prise.

petit déjeuner à GRANDAS de SALIME    6 h sonne donc lorsque je me lève et me prépare à mon tour avant de quitter l'albergue avec mes compagnons espagnols de la veille. Nous rejoignons tranquillement, à travers les rues endormies du bourg, une cafétéria ouvrant en ce dimanche dès 7 h. Nous y prenons un petit déjeuner servi par un patron dont l'esprit semble, si j'en crois la difficulté qu'il semble avoir à retenir notre commande, en accord avec le temps de ce début de journée : brumeux.

réverbère bruine GRANDAS de SALIME     Nous entamons ensuite dans une fine bruine, alors que le jour se lève, une marche "allègre"  par chemins et routes de campagne puis de sous bois, avant que de faire une première pause dans une de ces étonnantes épiceries rurales où la rusticité le dispute à la variété des produits proposés.

 

toile araignée ajoncsChacun ayant fait ses achats, nous reprenons notre cheminement de concert , stoppant notamment à hauteur de toiles d'araignées tissées dans les ajoncs.

     Ayant franchi CASTRO, rejoignant le flux des pèlerins hébergés dans la localité, nous poursuivons notre cheminement en pente douce jusqu'à GESTOSELO puis PEÑAFUENTE, que nous atteignons alors que le soleil et le vent ont dissipé la brume qui nimbait les paysages depuis ce matin.

      A partir de ce point, ayant laissé filer mes jeunes compagnons plein de fougue, je m'engage dans une lente ascension solitaire que j'interromps à plusieurs reprises face aux points de vues qui se succèdent au fur et à mesure que je m'éléve sous un soleil maintenant bien présent.

panorama après PEÑAFUENTE_1

panorama après PEÑAFUENTE_2

panorama après PEÑAFUENTE_3

 

 

 

 

 

 

 

      Beaux "moments de suspension" que ces haltes qui s'accompagnent, comme les jours précédents, d'un sentiment de plénitude tant physique au terme de l'effort consenti, que mental au regard de la profondeur et la quiétude des panoramas qui s'ouvrent face à moi.

      Après une nouvelle pause dans un sous bois, dont les ombres et les perspectives bornées contrastent avec le "climat" (luminosité et profondeur) de la dernière heure, j'atteins finalement une ligne de crête plantée d'éoliennes puis .... après, une courte heure supplémentaire de marche, le sommet.

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Ajoncs et bruyères Grandas de Samile - A Fonsagrada

panorama vers puerto de El ACEBO

panorama avant puerto de El ACEBO

Entrée en Galice 1 Grandas de Samile - A Fonsagrada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

bar O'Acebo   Le Chemin rejoignant alors par une "rude descente" un carrefour routier, c'est fort opportunément que se présente à moi le bar O'ACEBO, rustique établissement à l'accueil "rugueux" assuré par un taciturne sexagénaire. Celui-ci consent, après en avoir terminé avec la clientèle hispanisante, à me servir une tortilla et mon traditionnel cafe con leche que je savoure , rejoins par JP (qui bien que maîtrisant la langue ne retient pas plus l'attention du personnage), installé sur une barrique. Étonnant positionnement de ce tenancier de bar, en situation de monopole en ce lieu il est vrai, qui semble totalement indiffèrent à sa clientèle !

     JP reparti, je demeure en compagnie de O, la dynamique pèlerine rencontrée à ESCAMPLERO qui  depuis CAMPIELLO  accompagne le groupe de français. Elle marche aujourd'hui avec l'homme dont l'attitude m'avait laissé "dubitatif" lors de  mon premier contact.

      Le "climat" avec celui-ci est ce jour beaucoup plus détendu et je décide de prolonger ma halte  afin de découvrir si n'existeraient pas quelques "pépites" à "tamiser" dans la rencontre.

    De fait, malgré le personnage qu'il donne à voir, il s'avére un compagnon de pause agréable et c'est en compagnie de ce duo que je reprends mon cheminement quittant les ASTURIES pour la GALICE en suivant un balisage à l'orientation maintenant inversée.

borne entrée en GALICE

     

Entrée en Galice 2 Grandas de Samile - A Fonsagrada

 

 

  Meson Catro Ventos BARBEITOS_1

Meson Catro Ventos BARBEITOS_2

     Nous allons ainsi  marcher ensemble, dans une joyeuse atmosphère, jusqu'à A FONSAGRADA, profitant des spectacles  (exubérantes courges, panorama ou chapelle) et des opportunités du Chemin (Meson CATRO VENTOS, établissement embaumant la viande en train de cuire à la broche dans la cheminée, où je déguste une savoureuse tartine de brie à la compotée d'oignons).

exubérantes courges FONFRIA

Capilla Sta Barbara del Camino_1

Capilla Sta Barbara del Camino_2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

panorama vers A FONSAGRADA

albergue CANTABRICO A FONSAGRADA_1       Après un dernier raidillon, au cours duquel nous dépassons Enrique qui affiche son immuable sourire malgré manifestement un pas de plus en plus "laborieux", nous rentrons de concert dans A FONSAGRADA et  gagnons l'albergue privé où JP a fait une réservation pour le groupe en m'y incluant.

albergue CANTABRICO A FONSAGRADA_3      L'établissement très moderne et d'une parfaite propreté , offrant par ailleurs une laverie, je réalise la lessive que commençait à réclamer ma tenue de marche et, tandis que j'en surveille paresseusement le déroulement, je glisse dans un douce "torpeur récupératrice".

      Cette obligation accomplie, je pars en compagnie de O et C pour une courte promenade dans les rue avoisinantes à la recherche d'une pulpéria, espérant pouvoir ce soir déguster mon premier plat de poulpe à la galicienne (pulpo a feira).

_piquette_ galicienne

 

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Nous trouvons rapidement notre bonheur dans un établissement voisin de l'albergue, où nous buvons un curieux vin pétillant local (sorte de piquette peu à mon goût) avant de nous attabler devant notre repas accompagné d'un "caressant" et aromatique vin blanc.

 

pulpo a feira

      Ayant regagné ma chambrée déjà silencieuse, je glisse dans le sommeil avec le sentiment d'avoir, en ce septième  jour de marche, retrouvé l'état d'équilibre qui était le mien  en 2013 après 77 jours  (une sorte de conjonction entre une sensation de plénitude physique, la tranquillité de l'esprit et le sentiment d'appartenir à une communauté humaine d'une grande richesse).