Vendredi 19 Septembre 2014 : Campiello --) Berducedo par ruta de los hospitales

borne ruta de los hospitales

     Journée d'une incroyable richesse tant en raison de l'engagement physique imposé par le relief que de la beauté sauvage des espaces traversés ou encore de la faune vue (rapaces / chevaux semi-sauvages).

 

dénivelés ruta de los hospitales

panorama agricole après CAMPIELLO

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chevaux semi sauvages

ruines hospital

 

   Réveillé à  l'aube avec le reste du dortoir dont la plupart des occupants a prévu de réaliser la variante par la ruta de los Hospitales (voie ainsi désignée en raison de la présence de ruines de plusieurs accueils pèlerins fondés à partir du XIIIiéme siècle) je suis parti en colonne avec ses derniers après un roboratif petit déjeuner (étonnant pain humecté d'huile et toasté en particulier).

    

chemin départ CAMPIELLO

panorama rural avant BORRES

   Je déroule les premiers kilomètres de ma journée, alors que le soleil se lève sur une campagne dont montent les odeurs  d'épandage, bien moins marqué par les conversations des marcheurs autour de moi que par le spectacle des motifs géométriques dessinés dans les champs par les tas de fumier.

   Le jour est installé lorsque j'atteins, ayant veillé à me laisser distancer, le point de bifurcation des 2 voies et m'engage sans réellement y réfléchir, dans la première des montées de la ruta de los Hospitales (le temps s'annonce ensoleillé, les premiers kilomètres ont été faciles, l'engagement physique imposé par les dénivelés de la voie et la perspective de cette longue séquence de marche dans une nature sauvage me séduit).

Chemin au début de la variante

IMGP9994     La première demie heure "tient ses promesses" en matière de dénivelé et je gagne rapidement en hauteur (par un chemin qui débouche sur des chevaux pâturant  à flanc de colline) sous un ciel de plus en plus lumineux.

chevaux domestiqués

    Les heures suivantes sont de la même veine, les longues montées succedant aux courts plateaux avant que, dans un dernier effort réalisé sous un soleil maintenant estival,  je n'atteigne les premières ruines.

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      J'arrive à ce point de mon cheminement dans un état de quiétude généré par les effets conjugués des endorphines sécrétées dans cet effort soutenu et de la vision sans cesse renouvelée de cette nature dont la "sobriété" croissante au fil des kilomètres a induit chez moi une sorte de "dérive" de la pensée qui confine à une transe; état dont me sort les conversations d'un couple d'anglophones se restaurant au pied de ruines.

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    Ayant parcouru la succession des plateaux sièges des différentes auberges médiévales puis marqué une pause devant fleurs et bruyères, j'ai repris ma marche sous un soleil maintenant au zénith à la recherche de l'ombre d'un hypothétique arbre pour y déjeuner.

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       Il me faudra encore marcher un peu plus d'une heure, à travers une lande surplombant une route (premier rappel dans cette journée d'une autre réalité) avant de trouver mon bonheur; minutes de tranquille déambulation qui vont être marquées de la confrontation inespérée avec un troupeau de chevaux semi-sauvages traversant sans hâte le chemin.

 

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      Restauré et ayant laissé partir devant moi le groupe de français dont l'un des membres m'avait suscité un bref temps d' "agacement" hier midi, j'ai repris mon cheminement, maintenant en déclivité négative, pour rejoindre la route et le point de convergence avec la voie passant par POLA de ALLANDE : El Puerto del PALO (point haut du Chemin Primitif hors variante de los Hospitales).

fin ruta de los hospitales

tracé fin étape J5

       Mes pas me portent ensuite jusqu'au hameau de MONTEFURADO (point de passage important avant le XIIIième siècle et la fondation de POLA de ALLANDE) qui me semble déserté par son dernier habitant annoncé dans les guides comme y vivant encore en ermite.

MONTEFURADO

    Le vent devant plus fort je ne m'attarde pas à lever cette question et m'engage sur un nouveau sentier dont le marquage s'avère très rapidement indigent de tel manière que j'avance bien plus guidé par les détritus abandonnés que par un marquage "incertain". Je marche ainsi pendant 2 à 3 kilomètres dans une grande incertitude (sentiment peu jacquaire je l'avoue , ce que me pointe un pèlerin espagnol m'ayant rejoint qui me recommande de "garder la foi"), avant de retrouver une marque fiable et marcher de concert avec mon compagnon jusqu'à LAGO.

borne GR BERDUCEDO       Après m'être offert mon premier cafe con leche de la journée, je suis reparti pour gagner, par un sentier de grande randonnée puis une courte section de route, le "triste bourg" de BERDUCEDO et son albergue privé, terme de mon étape.

chemin vers BERDUCEDO

      L'albergue est à l'image de ma première impression sur le village : l'accueil y est peu chaleureux et la gérante apparaît "désabusée" aux limites de la discourtoisie, sans doute plus motivée par l'aspect économique que humain de l'activité . Quoiqu'il en soit je m'installe tranquillement dans l'une des 2 chambrées saturées de lits (qui me fait penser aux "boites à sommeil" fréquentées à de rares reprises sur le Camino Francés) dont la propreté  s'avère "limite".

      Je décline dès lors la fin de ma journée entre soins d'hygiène / lessive, un passage au bar du village (noir de monde en ce vendredi soir) et enfin le repas du soir auquel m'invite un couple d'écossais et l'espagnol rencontré après MONTEFURADO qui marche avec une jeune femme et un ami. L'atmopshère du repas est très conviviale et je passe un très agréable moment.

     Il est à peine 20 h lorsque je gagne mon lit; j'y bouquine avant de m'endormir "rassasié" par cette journée qui m'apparait être, pour le moment, le summum de mon périple tant elle fut riche en sollicitations physiques et sensorielles (visuelles en premier lieu), avec à son acmé cet état de transe dont j'avais dèjà fait l'expérience au mois d'Avril au coeur de mon cheminement sur le Camino de San Salvador.

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