Mercredi 17 Septembre 2014 : Cornellana --) Salas --) La Espina

symbole camino primitivo

     Il est environ 14h30 lorsque j'arrive au terme de mon étape après une cheminement (d'environ 20 kilomètres avec une déclivité moyenne proche de 4%) réalisé en un peu moins de 7h.

      Au cours de cette journée j'ai, pour mon plus grand plaisir, une nouvelle fois parcouru pour l'essentiel des territoires ruraux, ce cheminement n'étant interrompu que par le passage par la ville de SALAS et la confrontation avec une bretelle d'accès à une voie rapide, véritable cicatrice cheloïde sur le Chemin (!). Omniprésents de nombreux horreos ont balisé mon parcours, ce dernier m'offrant par ailleurs un incessant contraste entre les bruits de la modernité (bruits d'une voiture ou d'une tronçonneuse)  et les sonorités "intemporelles" de la campagne (clarines, chant d'oiseaux, ...) ...ainsi que l'oppportunité d'une véritable "orgie" de mures (juteuses et fondant sous la langue).

autoroute avant SALAS

 

horreo campagne avant SALAS

 

 

 

 

 

 

panorama rural avant La ESPINA

J3_section 1

     Parti  vers 8 h, avec le lever du jour et mettant d'emblée "infusé" un "solide" raidillon, j'ai ensuite cheminé le long de sentiers traversant alternativement des hameaux riches en horreos (certains réhabilités en habitations d'autres "laissés dans leur jus"), des espaces forestiers aux senteurs végétales prononcées et des chemins vicinaux  bordés d'arbres fruitiers.

     Ce début de parcours, au cours duquel j'ai notamment passé un long moment à constater l'ingéniosité de la conception (montage des piliers afin de faire obstacle aux rongeurs par exemple ) et de l'assemblage (tenons / mortaises) de ces greniers, m'a amené, sans que je n'ai vu le temps passer, à SALAS (au riche passé médiéval dont témoigne encore la tour du château).

 

monastère CORNELLANA lever jour

Horreo chemin vers SALAS_2

Horreo chemin vers SALAS_3

 

 

 

 

 

 

 

 

figuier

pommiers

pilliers horreo

 

Horreo chemin vers SALAS_1

 

baies sauvages

champignons

Après la tranquillité de ce cheminement,  que j'interrompt à de nombreuses reprises dans les derniers kilomètres  pour observer des plantations associant maïs et haricots, des baies rouges ou bien encore des grappes de champignons sur une souche, un vieux pont réhabilité ou enfin un hameau dont montent des bruits d'activités agricoles,  

champs haricots mais avant SALAS

puente avant SALASje ressens l'entrée dans SALAS comme une plongée "oppressante" dans un autre univers où tout semble aller trop vite ; sensation qui s'apaise rapidement lorsque, attablé à la terrasse d'un bar grouillant d'autochtones, je laisse remonter en moi l'atmosphère qui vient de baigner ces 3 dernières heures.

      Après un détour par la poste (pour réexpédier quelques articles qui manifestement ne me seront d'aucune utilité au regard des prévisions climatiques pour les prochains jours) puis l'église avec son retable, je quitte la cité par la porte décorée d'un blason de l'ancien castillo.

 

SALAS porte blasonnée

 

SALAS retable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J3_section 2     Mon cheminement, jusqu'à La ESPINA -- puisque je fais le choix de ne pas faire halte à l'albergue de BODENAYA (réputé pour l'empathie de l'accueil et son repas communautaire), mes aspirations du moment me portant plus vers la posture de repli qui marque les premiers jours de chacun de mes périples jacquaires --, se fera successivement par des sentiers forestiers (consolidant en moi un sentiment de quiétude), une section routière (me confrontant au spectacle des piliers de soubassement d'une voie rapide) à laquelle succède une agréable route de campagne puis un chemin empierré taillé le long d'une autoroute (dont je "grignote"le dénivelé, gagné d'une discréte lassitude,  le soleil étant au zénith et la température dépassant les 20°).

chemin forestier vers La ESPINA

 

chemin sortie SALAS

 

chemin vers La ESPINA

 

route vers La ESPINA

   

 

 

 

 

 

 

     Arrivé vers 14h30 dans une bourgade endormie je gagne un albergue privé nouvellement ouvert et tenu par une jeune femme accueillante mais manifestement totalement ignorante des moeurs du Chemin. Peu m'importe, la maison est propre et le tarif très acceptable (10  € pour une chambre partagée de 2 lits avec une salle de bain immaculée partagée par 2 chambres), je m'y installe donc l'esprit lavé par cette journée et le corps discrètement marqué par les derniers kilomètres sous le soleil.

 

vaso de vino tinto

       Au terme d'une fin d'après midi exempte de tout événement notable -- à l'exception de la dégustation d'un verre de vin rouge, plutôt "chaleureux" et servi dans un verre à whisky au prix défiant toute concurrence de 0,40 € ! -- je regagne l'albergue, y dîne et rejoins la chambre dont je suis finalement le seul occupant ... pour sombrer en quelques minutes dans un profond sommeil ininterrompu jusqu'au déclenchement de mon réveil le lendemain (soit une nuit de près de 10h !).