Quelles étaient mes motivations pour envisager puis finalement effectivement prendre le Chemin de St Jacques ?

    Comme je l'ai précédemment indiqué, ma motivation initiale a été de donner, au début du printemps 2011, un sens à la démarche de réhabilitation physique dans laquelle j'étais engagé depuis l'automne 2010. En réalité il s'agissait alors de donner une mesure à mes efforts en me confrontant au challenge d'être capable de marcher 20 Km à répétition comme le ferait un pèlerin sur le chemin; l'hypothèse de débuter effectivement un camino de santiago n'étant alors qu'une abstraction alimentée par mes lectures et les impressions produites par mes visites dans  la cité de Conques.

     Après quelques semaines, ayant acquis la conviction que je parviendrai probablement à atteindre cet objectif dans les prochains mois, mes efforts payant par ailleurs progressivement en terme de poids [- 5 puis finalement 10% de mon poids initial]  me donnant un sentiment de mieux etre, l'idée s'est imposée d'elle même d'étudier la planification des premières étapes du chemin partant de la cité mariale du Puy en Velay.

     Ainsi à l'été 2011, le projet d'un départ en avril 2012 était acquis pour moi comme l'aboutissement et le sens de la préparation physique d'intensité soutenue et croissante que je réalisais [2 à 3 marches/ semaines à raisons de 20 à 25 puis 25  à 30 Km/ sorties dans la campagne Mayennaise], notamment dans l'objectif de valider ma capacité à marcher 10 jours de suite, seul, sur des distances quotidiennes de 20 à 25 Km avec des dénivelés éventuellement significatifs.

voies du Puy dénivellés Puy en Velay__Conques

     Outre cette dimension purement physique, la perspective, alimentée par mes sorties de préparation, de me retrouver seul dans la nature 6 à 9 heures par jour pendant 10 jours de suite m'est apparue de plus en plus séduisante dans un contexte professionnel marqué de sollicitations importantes, "de bruits et de fureur"; étant entendu que j'ignorerais totalement comment j'assumerai le fait d'être à distance de ma famille [de mon épouse au premier chef]  pendant une aussi longue période.

     Ainsi à la fin de l'hiver 2012, à quelques semaines de mon départ, la planification de mes étapes et de mes hébergements étant établie [dans un soucis d'être dégagé de toute inquiétude matérielle sur ces 2 points] , mes motivations étaient triples  a) concrétiser l'aboutissement d'une démarche de réhabilitation physique  b) prendre une respiration vis à vis de ma vie professionnelle qui, bien que m'apportant toujours autant de plaisir, comportait par certains aspects des "lourdeurs" c) prendre une mesure de ma vie personnelle [époux, père, grand père, ...] à l'aune d'un temps de confrontation avec moi même favorisé par un isolement relatif et l'éloignement.

     Telles étaient mes aspirations lors que j'ai pris le chemin le 24 avril 2012

     j'aurais l'occasion de revenir dans un message ultérieur sur ce que je crois avoir trouvé sur mon chemin.